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DKV : nouvelle assurance, nouvelles
modalités |
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Plusieurs confrères ont contacté la Société de Médecine Dentaire à
propos de la DKV. Ils s’étonnaient -avec raison- de démarches de
courtiers d’assurance mais aussi de demandes de patients les
invitant à compléter un certificat préalable à la prise d’assurance.
La DKV vient de lancer une nouvelle
assurance « Plan Soins Dentaires » qui devrait remplacer son actuel
produit d’assurance soins dentaires qui, semble-t-il, a montré ses
limites.
Il est vrai que de nombreux praticiens nous avaient fait part
avec l’ancien contrat DKV de conflits mettant à mal la confiance entre
l’assurance, l’assuré et … le prestataire !
Il nous a semblé utile de
vous faire part de notre analyse de ce nouveau produit d’assurance, non
sans avoir pris contact avec la DKV pour entendre leurs points de vue et
explications.
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ANALYSE
Ce
nouveau produit d’assurance présente les caractéristiques
suivantes :
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Il y a des modalités de
souscription à remplir, avec notamment un « questionnaire
médical » à compléter par le dentiste. Il s’agit d’un
questionnaire médical à compléter « online » en ce y compris un
schéma dentaire ainsi que la fourniture d’une radiographie
panoramique.
Ces modalités posent questions (voir encadré).
En fonction des réponses à ce questionnaire, la DKV peut refuser
d’assurer une personne ou elle peut exiger une surprime en
fonction du risque. Des critères clairs n’existent pas encore,
mais par exemple, un édenté se verra refuser le contrat.
-
Le remboursement se fait selon un
pourcentage de 80 ou 50 % des honoraires, mais avec
l’introduction d’une série de plafonds restrictifs :
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plafonds par année civile, progressifs sur 4 ans : de 1000
EUR la première année à max. 5000 EUR la quatrième année.
-
plafonds en ortho et paro, par année
d’assurance mais aussi un plafond global « à vie »
(Lisez :
sur la durée du contrat d’assurance) : maximum 5000 EUR
globalement.
-
âges max. pour l’ortho (40 ans) mais aussi
pour la paro (65 ans).
Nous ne comprenons pas le fondement de cette dernière
limite qui exclut nos Ainés.
-
La DKV n’intervient qu’avec son
accord préalable sur base d’un document plan de traitement /
devis présenté préalablement aux soins (voir second encadré), et
ceci pour la prothèse, les implants, l’ortho et la paro.
Une sorte de jurisprudence devra s’écrire, car toutes les règles
et modalités pour refuser ou accepter ne sont pas encore connues
et/ou rendues publiques. Qu’en sera-t-il pour un problème
préexistant à la prise d’assurance ? L’intervention pour le
remplacement d’une dent manquante à la souscription du contrat
est déjà explicitement exclue. Les dents présentant une réaction
apicale seraient exclues. Mais comment sera jugé si un
traitement est « médicalement nécessaire » ?
-
Les traitements esthétiques sont
exclus. « Exemples de traitement esthétique : le blanchiment
des dents ou la pose de facettes (énumération non limitative) ».
Là aussi, des critères clairs n’existent pas encore, et par
exemple l’intervention ou non pour une couronne antérieure
nécessaire pour améliorer l’esthétique d’une dent nécrosée est
laissée à l’appréciation du dentiste-conseil de la DKV.
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Seuls les traitements effectués en
ambulatoire peuvent être couverts (les soins lors d’une
hospitalisation de jour sont exclus).
-
La souscription est individuelle et non familiale
(cela nous semble curieux comme approche, car cela est
facteur favorisant l’ingénierie à l’assurance, alors que la
répercussion sur l’ensemble des membres de la famille dilue le
risque. Mais le but de la DKV est de rendre la souscription
attractive).
-
Comme Dentalia, le taux
d’intervention est fonction de la régularité du patient dans son
suivi dentaire : s’il est régulier, le taux d’intervention est
de 80%. A défaut, il est de 50% : « Si la personne assurée ne
s’est rendue à aucune consultation auprès d’un prestataire de
soins dentaires pendant l’année d’assurance qui précède le cas
d’assurance, les frais de traitement dentaire de la personne
assurée seront remboursés à 50% par cas d’assurance ».
-
Le stage s’élève à 12 mois pour les traitements
parodontaux et à 36 mois pour les traitements
orthodontiques. Les traitements orthodontiques et parodontaux
dont l'exécution du plan de traitement a débuté pendant ou avant
le stage, sont exclus - également à l’expiration du stage - de
la garantie d'assurance.
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A noter une dernière exigence de
cette assurance DKV : il faut être affilié à une mutuelle belge…
Car l’intervention DKV se fait après l’intervention de la
mutuelle.
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Un questionnaire médical qui suscite des questions |
« Comment
souscrire ?
Contactez votre intermédiaire d'assurances et remplissez avec
lui le questionnaire administratif.
Demandez ensuite à votre dentiste de compléter le questionnaire
médical. Les frais de cette consultation seront pris en
charge par DKV ».
Ce questionnaire médical pose de multiples
questions :
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DKV
se propose de payer vos honoraires pour ce travail, et par la
même occasion en fixe le montant à 100 EUR (La DKV nous a dit
qu’elle indexerait ce montant).
Ces honoraires sont forfaitaires et couvrent l’éventuelle RX
pano à fournir.
Se pose donc la question du débiteur de vos honoraires, à savoir
l’assurance et non plus le patient. C’est une « première » pour
notre secteur en ce qui concerne les assurances privées.
Par ailleurs, un praticien a une liberté de fixer ses
honoraires. Ici, une compagnie d’assurances privée vous impose
le montant de vos honoraires. Or ces honoraires peuvent s’avérer
insuffisants puisqu’il s’agit d’un forfait pouvant comprendre
(ou non) une RX pano, un examen buccal complet avec non
seulement l’inventaire des pathologies à traiter mais également
recenser le nombre de dents obturées, le nombre de traitements
canalaires, etc. ainsi qu’un DPSI. Sans compter la charge
administrative et la responsabilité civile que constitue un tel
questionnaire.
Une fixation libre des honoraires, modulé à la charge de
travail, semble plus adéquat.
-
Une
radiographie panoramique est exigée, exception faite pour les
moins de 18 ans. De même, il est accepté de fournir une RX pano
datant d’un an ou deux pour autant que le dentiste déclare qu’il
n’y a pas eu de changement notable depuis. Elle a probablement
la fonction de corroborer le schéma dentaire afin que le
dentiste-conseil puisse évaluer le risque à la prise
d’assurance. Soit.
Toutefois, il faut tenir compte de 2 aspects important de la
législation :
-
On ne peut porter en compte à l’INAMI des prestations
effectuées à la demande d’organisme tiers.
-
On ne peut faire une radiographie à un patient si sa
finalité n’est pas justifiée médicalement.
Nous
vous détaillons la législation à ce propos ci-après :
Règlement du 28 juillet 2003 portant exécution de l'article 22, 11°
de la loi relative l'assurance obligatoire soins de sante et
indemnités, coordonnée le 14 juillet 1994
CHAPITRE II. - DES PRESTATIONS DE SANTE
Section I. - Des prestations de santé exigées ou couvertes par des
tiers
Art. 2. 01/09/2003 Ne peuvent en
aucun cas être remboursés par l'assurance soins de santé, les frais
afférents aux prestations qui sont exigées par les employeurs, par
les organismes privés ou par les pouvoirs publics. Sont notamment
visées les prestations effectuées en vue de la délivrance
d'attestations d'aptitude ou de certificats exigés par les
clubs sportifs, fédérations ou autres
organismes privés ou publics.
Selon le RGPRI
(Arrêté
Royal du 20 juillet 2001) portant règlement général de la
protection de la population, des travailleurs et de l'environnement
contre le danger des rayonnements ionisants
http://www.jurion.fanc.fgov.be/jurdb-consult/consultatieLink?wettekstId=7460&appLang=fr&wettekstLang=fr
article
51.1. Justification des expositions à des fins médicales :
51.1.1. Les expositions à des fins médicales doivent, si l’on
compare les avantages diagnostiques ou thérapeutiques potentiels
globaux qu’elles procurent, y compris les avantages médicaux directs
pour la personne concernée et les avantages pour la société,
présenter un avantage net suffisant par rapport au détriment
individuel qu’une exposition pourrait provoquer, en tenant compte de
l’efficacité ainsi que des avantages et des risques d’autres
techniques disponibles ayant le même objectif mais n’impliquant
aucune exposition ou une exposition moindre à des rayonnements
ionisants.
En particulier:
…e) une attention particulière est accordée à la justification des
expositions à des fins médicales qui ne présentent pas un
avantage médical direct pour la personne qui les subit et plus
particulièrement des expositions requises dans le cadre de
procédures médico-légales.
article 51.1.3. Toute exposition qui ne peut pas être justifiée
est interdite.
Très
clairement :
-
Il est
interdit de rédiger une attestation de soins donnés
pour porter en compte de l’INAMI une RX pano ou une
consultation dans le cadre de la souscription d’un
contrat d’assurance privée.
-
Il est
interdit de prendre une RX pano dans le seul but de
donner un moyen à une assurance d’évaluer un risque
assurantiel.
Nous
avons exposé ce problème à la DKV, qui reste ferme sur cette
exigence, et compte -en s’adressant au dentiste traitant du patient-
profiter d’une RX pano existante. DKV assure avoir pris les
avis juridiques nécessaires.
Mais ceci ne dédouane en rien les praticiens des obligations et
interdictions auxquelles ils sont soumis.
-
Le
questionnaire médical est rempli online. Bien entendu la DKV a
prévu que cela se fasse sur un serveur sécurisé. Il s’agit
encore d’une « première » qui méritera analyse.
-
Enfin, ne serait-il pas plus sage
de faire compléter cet examen préalable par un praticien qui ne
soit PAS le praticien traitant ? Le rôle d’un praticien est de
traiter ses patients. Pas de remplir des missions diligentées
par la compagnie d’assurance du patient. C’est une confusion
des rôles qui pourrait être préjudiciable en cas de contestation
à propos de l’examen préalable.
Il n'est pas rare qu’une telle demande de compléter un
"questionnaire médical" soit faite à un médecin dans le but de
souscrire une assurance vie ou une assurance solde restant dû.
Mais comparaison n'est pas toujours raison, puisque dans le cas
du « Plan soins dentaires », il s'agit d'établir le diagnostic
de l'état de santé du patient préalable à des soins, avec la
dimension complémentaire que - dans beaucoup de cas - c'est le
même praticien qui à la fois établira l'état préalable,
introduira des plans de traitement et … effectuera les soins.
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| Un PLAN
de TRAITEMENT accepté ou … non |
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La notion de plan de traitement et estimation d’honoraires soumis
pour acceptation préalable est évidemment souhaitable, et permettra
d’éviter bien des contestations qui naissaient (trop) fréquemment
dans le cadre de l’ancien contrat.
Que de patients déçus de constater la non-intervention de
l’assurance, une fois les soins effectués. Le fameux « ah, si j’avai
su … » !
Toutefois des contestations pourraient encore naître
au moment de l’examen et de l’acceptation du contrat.
Nous devons
regretter qu’un dentiste-conseil s’est permis de dire (ou d’écrire)
à des assurés que les honoraires de son dentiste étaient trop
élevés. Ou de dire à un patient que son dentiste n’a pas la
compétence légale pour effectuer un traitement de sinus-lift. Ou
d’estimer que le bris d’une couronne préalablement remboursée est
lié à une malfaçon et de demander au praticien de faire intervenir
son assurance RC professionnelle pour payer la nouvelle couronne. Ou
encore que telle technique est « non éprouvée ».
Voilà des choses qu’il sied de ne plus entendre.
Toutefois, nous ne sommes pas dupes :
il y a quelques moutons noirs dans notre profession. Mais ce n’est
pas à un dentiste-conseil agissant pour compte d’une assurance
privée de juger seul de la probité d’un praticien.
La DKV a pris bonne note de nos protestations. Nous pensons qu’elle
aura à cœur de mieux gérer à l’avenir ces situations potentiellement
conflictuelles.
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Pour conclure |
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Le nouveau produit d’assurance de la DKV est le bienvenu pour
remplacer l’ancien qui présentait des faiblesses. Sa mise en place
suscite encore nombre de questions.
La mise en place d’une sorte de Conseil Technique où la Profession
serait représentée permettrait de trancher des questions de manière
équilibrée, sans qu’un dentiste-conseil isolé n’ait un droit de
décision absolu.
On touche là à une des faiblesses du système d’assurance privée par
rapport à notre Sécurité sociale, issue d’une longue tradition de
concertation sociale.
Si ce nouveau produit permet de contribuer à une
meilleure santé de nos patients et aux praticiens à mieux soigner
nos patients, nous en serions tous très heureux.
Pour nous, la priorité restera toujours … la prévention… du risque.
Michel DEVRIESE
19 septembre 2011
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Un
courtier gonflé ? |
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Message envoyé par un courtier à plusieurs confères :
« Cher Monsieur,
Dans la pratique de votre activité, il vous arrive certainement de
vous retrouver face à des patients assurés en soins dentaires auprès
de la compagnie DKV.
Le savez-vous, ce plan vient d'être totalement remanié, ceci en
étroite collaboration avec plusieurs sociétés de médecine dentaires
(Société de Médecine
Dentaire, Chambre Syndicale Dentaire et le VVP au Nord du pays).
Cette couverture octroie les meilleurs garanties pour la
dentisterie, l'orthodontie et la parodontologie sur le marché et
installe le dentiste dans un rôle majeur lors de la souscription,
puisque lors de celle-ci, tout futur assuré est tenu de se prêter à
un examen bucco-dentaire chez son praticien avec radio panoramique.
Le coût de la visite est totalement pris en charge par DKV et le
résultat de cet examen envoyé instantanément par internet à la
compagnie.
En tant qu'intermédiaire en assurance, je vous propose de venir vous
expliquer les couvertures exactes de ce nouveau plan et vous
aider à vous connecter on-line avec DKV.
A cet effet, je vous contacterai dans les prochains jours pour
vous proposer un rendez-vous. Ceci ne vous prendra que 20 à 30
minutes de temps mais vous permettra de mieux connaître l'étendue de
la couverture dentaire dont peuvent bénéficier vos patients ».
Nous démentons catégoriquement que cette assurance a été remaniée
« en étroite collaboration » avec la Société de Médecine Dentaire
asbl. Ne vous laissez pas abuser par des démarches marketing.
De plus, n’autorisez pas une tierce personne à manipuler votre
ordinateur en votre nom.
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