De nouvelles
règles interprétatives qui concernent les implants et l’orthodontie
viennent de paraître au Moniteur de ce 17 décembre.
ORTHODONTIE
-
la règle 6 est
abrogée.
-
la règle 14 a
été remplacée.
QUESTION 14
Comment peut-on attester les forfaits pour traitement régulier par le
numéro de nomenclature 305316-305620 ?
REPONSE
Il existe deux manières d'attester :
1. ou bien immédiatement après que 6 prestations 305616-305620* ont été
effectuées. Dans ce cas, les 6 forfaits pour traitement régulier peuvent
être attestés au plus tôt pendant le 3e mois du semestre en cours et au
plus tard pendant le 18e mois du traitement en cours.
Ex. 1 : pour un traitement qui commence le 25 janvier 2010 par le
305631-305642, il peut être attesté 6 x 305616-305620 avant la fin du
premier semestre du traitement et ce, au plus tôt en mars 2010 si au
début de ce traitement, deux forfaits par mois étaient nécessaires. Dans
ce cas, aucun forfait ne peut plus être attesté jusqu'à la fin du
semestre, dans cet exemple pendant les mois d'avril, de mai et de juin
2010, et ce parce que seuls 6 x 305616-305620 par semestre peuvent être
attestés.
Ex. 2 : pour un traitement qui commence le 25 janvier 2010 par le
305631-305642, les prestations 305616-305620 doivent être attestées au
plus tard le 30 juin 2011, quel que soit le nombre de forfaits pour
traitement régulier réalisés (arrêté royal 22 octobre 2009).
2. ou bien au cours du sixième mois civil d'un semestre pendant lequel
un traitement régulier a été effectué. L'attestation de soins donnés
peut alors comprendre 1 à 6 forfaits pour traitement régulier.
Ceci rentre en
vigueur au 1er décembre 2009.
Cette date peut vous paraître étrange, elle qui entraine une entrée en
vigueur rétroactive. L’explication en est que la règle interprétative
explicite la nomenclature, mais ne la modifie pas.
(*) Il s’agit bien du code 305616.
Suite à une coquille, le Moniteur a publié “305316”,
ce qui est inexact et sera corrigé.
IMPLANTS
-
publication de 3
nouvelles règles interprétatives : n°s 2, 3 et 4.
QUESTION 2
Un
assuré qui n'a pas bénéficié d'une intervention de l'assurance pour sa
prothèse, peut-il bénéficier d'une intervention pour des implants et/ou
le placement de deux piliers ainsi que leur ancrage sur ces deux
implants ?
REPONSE
Si aucune intervention n'a été accordée par l'assurance maladie
obligatoire ou l'assurance petits risques des indépendants pour une
prestation de la rubrique "prothèses dentaires amovibles, consultations
comprises" pour ou sur cette prothèse inférieure complète amovible,
aucune intervention de l'assurance n'est possible pour les implants, ni
pour le placement des piliers sur les deux implants et leur ancrage.
QUESTION 3
Si un assuré possède plusieurs prothèses dentaires remboursées,
quelle est la prothèse visée par "la prothèse dentaire complète amovible
existante" ?
REPONSE
"La prothèse dentaire complète amovible existante" est la prothèse
inférieure complète amovible qui a été remboursée en dernier lieu.
QUESTION 4
Existe-t-il une intervention pour l'ancrage d'une nouvelle prothèse
chez un assuré déjà porteur d'implants non indemnisés ?
REPONSE
Oui, mais au plus tôt 1 an après le placement de la nouvelle
prothèse qui présente en outre un grave dysfonctionnement et qui
satisfait aux conditions mentionnées à l'article 6, § 5bis, les piliers
étant également remplacés.
Ceci rentre en
vigueur au 1er mai 2009, soit la date d’entrée en vigueur de la
nomenclature “implants”.
DECODAGE
Nous comprendrions tout à fait que vous resteriez interrogatifs vis à
vis de ces règles interprétatives de la nomenclature implants.
Depuis l’entrée en vigueur de cette nomenclature, les mutuelles et le
Conseil Technique Dentaire sont confrontés à un nombre incroyable de
questions et de litiges.
Il est vrai que cette nomenclature est compliquée et restrictive. Mais
son GROS défaut est qu’elle ne colle pas à la réalité clinique de nos
patients.
Des consœurs et des confrères font des contorsions incroyables pour
faire coller la pathologie de leur patient à la nomenclature,
“encouragés” parfois par un guichetier de mutuelle soucieux de faire
bénéficier l’affilié du remboursement.
Nous devons vous informer que plusieurs dentistes ont rencontré de bien
mauvaises surprises à l’attestation d’implants. Des patients ont été
remboursés, et des contrôles à postériori par la mutuelle ont permis de
constater que toutes les règles n’avaient pas été respectées. Comme le
prévoit la loi, la mutuelle se tourne alors vers le dentiste (c’est
celui-ci qui n’aurait pas respecté les règles) pour récupérer le
remboursement qu’a perçu le patient. Au dentiste alors à récupérer le
remboursement auprès de son patient ! Imaginez la situation !
A la lecture des ces règles, on se demande si le Conseil Technique n’est
pas tombé sur la tête. Non. Il est simplement confronté aux contorsions
des dentistes.
Ainsi, un dentiste a affirmé qu’il avait placé les ancrages dans une
ancienne prothèse et non dans celle qu’il avait attestée le mois
dernier. Celle-ci devant attendre un an pour recevoir des ancrages.
Voilà la genèse de la règle 3.
Ou un autre confrère attestant une nouvelle prothèse un mois à peine
après l’attestation des ancrages. Pas crédible, estime le Conseil
Technique, qui rédige alors la règle 4 (il est plus que probable que les
ancrages avaient bien été placés dans cette nouvelle prothèse dont
l’attestation avait été différée !).
Cette règle 4 stipule bien que si on atteste des nouveaux ancrages, les
piliers doivent être remplacés.
Cela nous a paru une règle favorisant la “surconsommation”. Le praticien
a le choix : soit il remplace seulement la partie femelle de l’ancrage
et ne peut alors rien attester, et son patient n’obtient pas de
remboursement, soit – guidé par cette nouvelle règle interprétative- il
remplace toutes les pièces y compris les piliers (remplacement
probablement non cliniquement nécessaire....) pour que le patient puisse
être remboursé.
Les mandataires de la Société de Médecine Dentaire asbl expliquent
depuis des mois qu’il faut envisager une modification de la nomenclature
“implants” plutôt que d’y coller des rustines.
Nous proposons :
-
que l’on
désolidarise le remboursement de la prothèse, des implants, de
l’ancrage. D’aucuns agitent le spectre d’un impact budgétaire
majeur. Nous n’y croyons pas. En effet, les cas d’implants se
résument à une centaine par mois. Permettre le remboursement de 1200
prothèses inférieures ne grèverait pas le budget, au regard des
quelque 38.000 prothèses complètes inférieures remboursées
annuellement (et qui ne sont de toute manière remboursables qu’une
fois tous les 7 ans). Quand bien même le nombre de personnes
éligibles à ce remboursement augmenterait, c’est que l’indication
d’ancrage d’une prothèse sur implant a été posé et qu’un besoin
médical existe.
-
que l’on
réintroduise un formulaire de demande d’intervention pour les
implants et ancrages, donnant ainsi une sécurité au patient et au
praticien qu’on ne remettra pas en cause le remboursement à
postériori.
-
que l’on
permette de soumettre des cas individuels à un groupe de travail du
Conseil Technique pour les cas qui ne “collent” pas à la
nomenclature, mais qui peuvent -après examen de leur dossier- y être
apparentée. A titre d’exemple, pourquoi exiger d’extraire cette
malheureuse prémolaire bancale, mais qui assure la rétention d’une
prothèse partielle pendant la phase d’ostéointégration ? Pourquoi
laisser souffrir un patient de plus de 70 ans pendant une longue
année, pendant 3 fois 365 repas, pour satisfaire à une règle de
nomenclature ? On permettrait ainsi de prendre en considération un
patient dont la mâchoire présente une racine résiduelle, ce qui fait
dire jusqu’ici à certains qu’il ne s’agit pas d’une “mandibule
édentée depuis au moins 12 mois” !
-
que l’on
introduise la notion de “maximum” des montants d’intervention. Ceci
permettrait de prendre en charge le remplacement d’un seul implant,
ou des seules pièces femelles de l’ancrage. Ceci aiderait des
patients tout en générant des économies.
Les mandataires de la Société de Médecine Dentaire asbl sont les seuls à
s’être opposés à ces règles interprétatives et à voter contre.
Nous ne comprenons pas l’attitude des autres associations.
Les mutuelles désiraient des clarifications, car leur devoir est
d’appliquer les remboursements dans le respect strict de la
nomenclature.
Nos regrettons que ces décisions rencontrent des préoccupations
administratives au lieu de chercher à rencontrer les besoins médicaux de
patients âgés fragilisés par une santé dentaire particulièrement
compromise.
Quoiqu’il en soit, nous avons demandé (et obtenu) pour le nouvel Accord
qu’une évaluation de la nomenclature “implants” ait lieu en 2011 et que
d’éventuelles adaptations de réglementation (et de limite d’âge) aient
lieu en 2012.
D’ici là, nous vous invitons à la prudence et à la lecture attentive de
la rubrique “implant” de notre GUIDE NOMENCLATURE et du présent article.
Michel DEVRIESE
18 décembre 2010
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