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Les implants unitaires remboursés dans les cas d’agénésie ?
Les gouttières remboursées ? Les curetages de foyer
d’ostéite remboursés sans radiographie ? Les appareillages
d’orthodontie de type distracteur remboursés en sus des
« forfaits appareils » ? Facettes et onlays remboursés ?
Etonnant,
mais vous ne rêvez pas : cela existe dans la nomenclature !
Les mandataires SMD qui siègent pour vous représenter au
Conseil Technique Dentaire de l’INAMI ont recensé ces
derniers mois diverses zones d’ombre de la nomenclature :
certains actes non décrits explicitement peuvent étonnement
faire l’objet –sous conditions - d’une attestation de soins.
Il est vrai qu’il s’agit d’actes posés dans des situations
très particulières, dont le cadre règlementaire n’est pas
toujours franchement clair. Ce qui explique qu’on ne pense
pas spontanément à attester ces soins.
Toutefois, nous défendons à la SMD un principe : la
nomenclature est la même pour toute le monde, et tout
praticien doit être égal à pouvoir faire bénéficier chaque
patient des mêmes avantages offerts par leur Sécurité
sociale.
Nous souhaitons rétablir une information égalitaire sur ces
actes par cet article.
Orhodontie – distracteur
Il est apparu qu’un nombre de confrères orthodontistes
(majoritairement dans une région du pays) se sont mis à
introduire des demandes de remboursement lorsqu’ils placent
par exemple un appareillage de type « Hyrax ». Il s’agit des
distracteurs utilisés pour réaliser une expansion maxillaire
rapide, dans le cas de prise en charge de déficits
transversaux maxillaires notamment lors de la correction des
occlusions croisées sévères.
Cette prise en charge se fait dans le cadre
des appareillages 317295. Il est vrai que l’intitulé du code
317295 (voir page 168 du GUIDE NOMENCLATURE 2010) semble
assez large.
On en entendait peu parler au Conseil Technique car ces
dossiers sont traités en groupe de travail restreint.
Toutefois, les prix demandés allant croissant (de 250 à 600
EUR) et le nombre de cas allant en augmentant, le débat fut
amené en séance plénière.
Que faut-il en conclure ? Vous pouvez
peut-être faire bénéficier vos patients d’un remboursement
si vous placez ce type d’appareillage. Remplissez une
demande « annexe 59 », et … vous verrez bien.
Surtout ne
promettez rien à votre patient.
Etayez au mieux les coûts en produisant factures, devis,
etc.
On peut s’attendre à un remboursement de maximum 250 EUR
(voire jusqu’à 400 EUR dans certains cas).
Les actes cachés de l’annexe 59
Puisqu’on parle de cette « annexe 59 », voyons voir ce
qu’elle contient d’autre:
On y évoque les
« plaques
de surocclusion »
dans le traitement ATM et de syndrome algodystrophique.
La nomenclature évoque par ailleurs le
SADAM.
On y évoque les
« fixations
dentaires » :
brackets + fil, composite, composite + arc métal, attelle.
Est-ce remboursable après un trauma dentaire ayant entrainé
une mobilité et une fracture alvéolaire ou dans d’autres
cas ? Why not ?
On y évoque enfin les
prothèses
transformées et les plaques chirurgicales dans le cadre des
« plasties vestibulaires ».
Que faut-il en conclure ? Pensez à introduire une demande si
vous placez ce type d’appareillage.
Remplissez une demande « annexe 59 », et
surtout
ne promettez rien
à votre patient.
Les implants unitaires remboursés dans les cas d’agénésie ?
Autre surprise de taille : on rembourserait
occasionnellement des implants unitaires dans des cas
d’agénésie. Et ce, sous le code 312756.
Ne cherchez pas dans votre guide nomenclature : c’est une
prestation réservée à nos confrères stomatos.
Mais cela peut aider vos patients souffrant d’agénésie.
« Souffrir » est le mot, car l’intitulé du code le
précise :
312756 Mise en place d'implants ostéo-intégrables et/ou de
moyens de remplacement de l'os chez des patients atteints
d'un handicap fonctionnel ET psychosocial grave à la
suite d'une mutilation osseuse grave après traumatisme ou
résection tumorale OU à la suite de malformations
congénitales. Le remboursement couvre l'intervention
chirurgicale d'une valeur de K180 et prévoit en plus une
intervention dans les frais du matériel.
K 1250
Une agénésie est bien une malformation congénitale. Il faut
toutefois que le patient soit aussi atteint d’une handicap
fonctionnel ET psychosocial grave.
Il est certain que des édentations antérieure ou étendue
puissent être considérées comme un handicap. Le débat
porterait-il sur la qualification de « grave » ?
Notez que ces dossiers sont soumis au Collège des Médecins
Directeurs, et que le remboursement doit être approuvé par
cette instance.
Que faut-il en conclure ? Informez vos
patients et parlez-en à vos confrères stomatos.
Ne
promettez rien
à votre patient.
Dans l’attente des implants unitaires ou de bridges (suite à
des agénésies), se faire rembourser la prothèse amovible ?
Mais oui. La pose d’une prothèse amovible pour maintenir
ouverts des espaces dans l’attente de la pose d’implants
unitaires ou de bridges peut être admise.
Cette fois-ci, on va évoquer les dérogations à la limite
d’âge des prothèses et remplir un formulaire « annexe 57 ».
Pour
une seule
agénésie, c’est non. Mais pour 2, cela peut être oui. Car la
nomenclature évoque
l’absence
congénitale ou héréditaire de multiples dents.
Multiple, c’est à partir de 2.
Que faut-il en conclure ? Pensez à
introduire une demande, et surtout
ne promettez rien
à votre patient.
A noter que le formulaire « annexe 57 » n’est pas à jour :
là où l’on évoque l’âge de « 12 ans », lisez « 18 ans ».
De même, apportez une correction dans notre
Guide Nomenclature 2010, page 91, au point 2.1. : biffez
« et tous les cas de moins de 18 ans ».
Ostéite
Ce dossier reste encore actuellement dans le brouillard. (cfr
le Point n°216 et notre Dent@l-Infos n° 80). Toutefois, lors
des discussions à l’INAMI, il est apparu que la règle
interprétative 20 qui faisait encore référence à la
radiographie obligatoire était devenue caduque.
Donc vous pouvez barrer les références à la radiographie en
cas d’ostéite à la page 158 de votre Guide Nomenclature
2010, et attester dorénavant vos curetages d’ostéite … sans
avoir de radiographie.
(Même si médicalement, nous vous conseillons de toujours
documenter vos cas et de bien conserver dans votre dossier
ce qui atteste de vos bonnes pratiques)
Notre avertissement en encadré page 159 reste -lui-
d’actualité.
Remboursements de facette et d’onlays ?
Nous apprenons qu’il peut être introduit une demande de
remboursement de facettes et d’onlays dans le cadre par
exemple de prise en charge d'amélogénèse imparfaite sévère.
Une intervention pour traitement jusque 28 dents (12
facettes et 16 onlays) en composite peut être demandée
auprès de la Mutuelle. A titre d’exemple, des honoraires de
140 EUR par élément apparaissent comme raisonnables.
Notez que ces dossiers sont soumis au Collège des Médecins
Directeurs, et que le remboursement doit être approuvé par
cette instance.
A vrai dire, c’est même encore -pour l’instant- plus simple
que cela : tant que la règle interprétative (dont question à
la page 50 du Guide Nomenclature 2010) n’a pas encore paru
au Moniteur belge, les éléments d’obturations fabriqués par
technique indirecte peuvent être attestés
“normalement” comme des obturations. Nul besoin de faire
appel au Collège des Médecins Directeurs : il suffit
d’attester les codes comme d’habitude.
Mais dès parution au Moniteur (probablement
encore en cette année 2010) de ces nouvelles règles
interprétatives, il faudra introduire une demande selon
cette procédure spéciale pour ces cas.
Que faut-il en conclure ?
Ne promettez
rien à votre
patient. Mais pensez à introduire les documents dans ces
cas.
Epilepsie et fractures dentaires
Le remplacement par prothèse de dents perdues suite à des
chutes liées à une crise d’épilepsie peut être pris en
charge dans le cadre de la dérogation à la limite d’âge des
prothèses. Il s’agit du cas « 2,3 » 2) (décrit page 89 du
guide nomenclature).
Conclusions
Ici s’achève cet article qui répond à notre devoir
d’information. Nous pensions qu’il fallait que chaque
dentiste bénéficie du même degré d’information, au risque de
maintenir des discriminations insupportables entre les
patients.
Faire un usage correct de la nomenclature, c’est appliquer
la nomenclature sans en abuser. Mais c’est aussi ne pas
oublier d’attester les soins qui peuvent faire l’objet
malgré tout d’un remboursement. Et ce au bénéfice du
patient.
Michel DEVRIESE
27.03.09
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